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30
avr
2011
Fahamu Pacou

Rencontre : Fahamu Pecou, « an american painter in Paris »

Par Fabienne

Un artiste peintre américain met en vente sur profil Facebook : Le One Million Dollar Profile… Celui de Fahamu Pecou : un peintre à découvrir pour sa première exposition parisienne à la Galerie Backslash !

Si l’exposition de Rero, m’avait permis de découvrir l’espace proposé par la Galerie Backslash et sa sélection de jeunes artistes prometteurs. C’est avec le suivi de leurs actualités sur Twitter que j’ai pu découvrir ce qui s’y tramait dans les jours à venir : Un nouvel artiste invité très prochainement doit mettre en vente un « One Million Dollar Profile » ?!? Une œuvre interactive et surfant sur la vague de réseaux sociaux -en l’occurrence Facebook-: les réseaux fascinent et suscitent de plus en plus l’intérêt du monde de l’art qu’il s’agisse de « simple » promotion ou d’exploitation plus concrète du réseau pour une production artistique.

One Million Dollar Profil Fahamu Pecou

Fahamu Pecou a un parcours déjà bien suivi outre-atlantique, il arrive en France aujourd’hui pour une première exposition à la Galerie Backslash… Le vernissage a lieu aujourd’hui ! Ce que vous pourrez-y découvrir ?

Un ensemble de quatre séries d’œuvres réunies sous le titre Hard 2 Death : All Falls Down, Second Childhood, Where My N-Words et Cock, Aim & Shoot.

Fahamu Pecou : Wake Up 2
Fahamu Pecou • Wake Up 2: Game Boi, 2010, Acrylique et technique mixte sur toile, 183 x 152 cm

Fahamu Pecou

Fahamu-Pecou-Snapp

Fahamu Pecou, When were we kings, 2010 Acrylique et pastel sur toile 152x121cm

Agé aujourd’hui de 36 ans, Fahamu Pecou est peintre, il s’est durant un temps approprié les couvertures de magazines célèbres, tels que George, Art Review ou Art Newspaper dans lesquelles il se met en scène.

L’autoportrait prend une place particulièrement importante dans son travail et lui permet ainsi de soutenir un univers très caractéristique de la culture hip-hop » et dans lequel l’identité afro-américaine dans l’Amérique d’aujourd’hui est sans cesse interrogée.Thématique au coeur de son travail, Fahamu s’en explique…

La confusion et les contradictions engendrées par ces tentatives d’atteindre cette notion insaisissable de la masculinité patriarcale est parfaitement visible dans les attitudes des jeunes hommes noirs entre 18 et 25 ans. Ironiquement, c’est également cet âge qui est le plus médiatisée. Et c’est à cette période que le jeune homme noir est le plus vulnérable. Des sentiments d’impuissance se développent et il se sent pris au piège. N’accordant plus aucune valeur à sa propre existence, son désespoir se manifeste au travers de comportements autodestructeurs cachés derrière une façade de bravoure.

Vidéo fahamu Pecou

À l’occasion de cette première présentation de son art, l’artiste se lance dans une opération « marketing », -laquelle m’a en grande partie permis d’en apprendre plus sur lui- , la campagne de promotion intitulée Fahamu Pecou is the Shit, s’est voulue virale et s’est étalée sur les réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter, une communication qu’il a traitée en parallèle à sa pratique picturale, comme un prolongement. L’artiste, très actif dans la sphère internet, se mettant à nouveau en scène sur de nouveaux médias pour ce lancement. Si la France découvre les réalisations de Fahamu Pecou, son travail a été auparavant exposée dans de nombreuses institutions américaines, notamment au Austin Museum of Art (Texas) ou au Museum of Contemporary African Diasporan Arts (New York). Cette présence voit l’occasion pour nous de le questionner sur son art et la vision qu’il en a…

Tu as un parcours plutôt riche… Ton travail a déjà fait le tour du monde pourquoi seulement aujourd’hui en France ?
J’attendais une galerie comme Backslash. C’est une situation parfaite pour moi, la galerie idéale pour présenter mon travail à Paris. J’ai toujours eu une pratique artistique. J’ai commencé la peinture pendant mes études et j’ai eu mes diplômes d’arts plastiques en 1997 mais ma carrière professionnelle n’a commencé qu’en 2005 avec un premier solo show.

Fahamu Pecou : Dessins

La peinture occupe une place privilégiée dans ton travail, mais tu sembles ne pas vouloir mettre de frontières entre les supports…
Je me considère avant tout comme un peintre des peintres.

Je suis un grand fan de la peinture et de son histoire. J’aime absolument tout dans cette technique. J’aime comment la peinture bouge, comment elle apparaît…
TOUT !

Portrait Fahamu PecouTu t’investis énormément dans de grandes questions liées à la culture hip-hop et à la quête identitaire, si la place du jeune afro-américain dans la société contemporaine y est donc omniprésente, comment définirais-tu ton art… Dois-t-on y voir un coté « thérapeutique » ou un regard critique porté sur un environnement culturel ?
C’est un mélange d’un peu tout cela. Mon travail pose un regard particulier sur les attentes, les limites. Mon regard de la culture afro-américaine est une critique qui s’axe sur les deux côtés : les afro-américains et comment les autres cultures les perçoivent.
J’ai toujours essayé de présenter mon travail de façon à permettre aux gens d’ouvrir leurs horizons vers « autre chose ».

L’œuvre que tu développes avec One Million Dollar Profile est inédite. En te lançant dans une création artistique collaborative et sur un réseau tel que Facebook tu ouvres une nouvelle voie d’exploration artistique, que faut-il voir derrière ?
Mon travail a toujours exploré les médias populaires. Avant, je travaillais avec les couvertures de magazines mais aujourd’hui la technologie a fait des progrès immenses et ne cesse de se surpasser, dépassant les médias traditionnels tels que les journaux ou les magazines. J’ai voulu continuer à travailler sur les nouveaux médias et m’adapter aux nouveaux réseaux et technologies tout en les utilisant pour créer.

Vers quoi comptes-tu orienter ton travail prochainement ? La peinture restera ton média de prédilection ou penses-tu explorer plus encore des ressources toujours plus « originales » ?
Je peindrai toujours. Pour moi, mon art c’est ça. J’aime peindre. Mais depuis mes débuts, j’ai toujours exploré d’autres médias. Ca dépend du sujet sur lequel je travaille.

Et pour en savoir plus sur l’artiste avant d’aller d’aller découvrir ses réalisations à la Galerie backslash :

Son oeuvre est désormais à découvrir « IRL » pour « HARD 2 DEATH » à la Galerie Backslash
Du 30 avril au 28 mai 2011
29 rue Notre-Dame de Nazareth, 75003 Paris


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